Le premier coup d’oeil, quand le soleil glissa dans la position que j’ai
indiquée, me causa une impression presque semblable à celle que j’éprouvais quand, étant enfant, j’assistais à la scène finale de quelque mélodrame

ou de quelque spectacle théâtral bien combiné. Rien n’y manquait, pas
même la monstruosité de la couleur ; car la lumière du soleil jaillissait de
l’ouverture, toute teintée de pourpre et d’orangé ; et le vert éclatant du
gazon de la vallée était réfléchi, plus ou moins,

sur tous les objets par ce
rideau de vapeur, qui restait toujours suspendu dans les airs, comme s’il
lui répugnait de s’éloigner d’un spectacle si miraculeusement beau.

Le petit vallon, dans lequel mon oeil plongeait alors, de dessous ce
pavillon de brume, n’avait pas plus de quatre cents yards de long ; sa largeur variait de cinquante à cent cinquante, peut-être à deux cents. Il était
plus étroit à son extrémité nord et s’élargissait en s’avançant vers le sud,

mais sans beaucoup de précision ni de régularité. La partie la plus large
était à peu près de quatre-vingts yards à l’extrémité sud. Les pentes qui
délimitaient la vallée n’auraient pas pu être gratifiées du nom de collines,

excepté du côté du nord. Là, un rebord escarpé de granit s’élevait à une
hauteur d’environ quatre-vingt-dix pieds ; et, comme je l’ai déjà fait observer, la vallée, en cet endroit, n’avait pas plus de cinquante pieds de

large ; mais, à mesure que le visiteur descendait de ces rochers vers le
sud, il trouvait, à sa droite et à sa gauche, des déclivités moins hautes,
moins abruptes, moins rocheuses. Tout, en un mot, allait s’abaissant et

s’adoucissant vers le sud ; et cependant, tout le vallon était entouré d’une
ceinture d’éminences plus ou moins hautes, excepté sur deux points. J’ai
déjà mentionné l’un de ces points.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *