Admettons par simple hypothèse que ces trois questions du terrible esprit aient complètement disparu des livres, et qu’il faille les inventer, les
imaginer de nouveau pour les y replacer ; supposons que dans ce but on
réunisse tous les sages de la terre

— hommes d’État, princes de l’Église,
savants, philosophes, poètes, et qu’on leur dise : imaginez, composez trois
questions qui non-seulement correspondent à la grandeur de l’événement, mais, de plus, expriment en trois mots, en trois phrases humaines,
toute l’histoire future du monde et de l’humanité,

— penses-Tu que ce
congrès de toutes les intelligences de la terre pourrait inventer quoi que
ce soit d’aussi fort et d’aussi profond que les trois questions qui T’ont été
posées alors dans le désert par le puissant et intelligent esprit ?

Rien que
d’après ces trois merveilleuses questions, on peut déjà comprendre que
ce n’est pas à un esprit humain, contingent, que Tu as eu affaire, mais à
l’esprit éternel, absolu.

Car dans ces trois questions est, pour ainsi dire,
condensée et prédite toute l’histoire ultérieure de l’humanité ; ce sont
comme les trois formes dans lesquelles se concrètent toutes les insolubles
contradictions historiques de la nature humaine sur toute la terre.

Alors
cela ne pouvait pas être encore aussi évident, parce que l’avenir était inconnu, mais maintenant que quinze siècles se sont écoulés, nous voyons
que tout a été si bien deviné et prévu dans ces trois questions, qu’on ne
peut rien y ajouter, rien en retrancher.

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