Théaudière allait donc souvent courtiser sa meunière pour savoir ce
qui se passait dans les environs et principalement à Pont-Péan où les bleus
avaient établi un poste avec des patrouilles qu’ils envoyaient à droite et
à gauche pour surveiller leurs ennemis.

Le seigneur de Laillé, comme tous les chefs de cette guerre néfaste,
se vit dans la nécessité de punir les traîtres, de terroriser les faibles, de
fusiller les prisonniers et souvent, hélas ! de faire taire en lui les lois de
l’humanité pour le salut de sa cause.

Voici d’ailleurs, entre mille, un épisode de ces temps malheureux.
Les bleus avaient été repoussés au Pâtis, sur le territoire d’Orgères,
et plusieurs de leurs morts jonchaient le sol. Parmi eux se trouvait un
chouan qui semblait agoniser sur le revers d’un talus.

Un jeune homme et sa fiancée, revenant de Rennes, où ils étaient allés faire leurs emplettes de noces, passèrent en ces lieux, et le futur marié,

peu partisan des guerres qui ensanglantaient le pays, dit en regardant le
chouan : « Qu’il rende donc l’âme et que ce soit le dernier ! » Le malheureux jeune homme paya cher ces paroles imprudentes.

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