De l’endroit où j’étais accoutumé de m’asseoir, je n’en voyais pas plus.
Il y avait un marché au bout de la rue, et, par suite, dans la matinée,
il s’y faisait une procession de ménagères qui passaient à vide et s’en

revenaient le corps plié en deux pour faire équilibre à leurs paniers pleins
jusque par-dessus les bords de légumes, de fruits, de beurre, de fromage,
d’œufs, de viande ou de poisson.

Aux nombreuses fenêtres du pan de rue qui faisait ma perspective, je
voyais en outre bien souvent des têtes de femmes et de jeunes filles.

Tout cela était très-vivant et très-gai.
Un dimanche de février, en ouvrant ma fenêtre pour me chauffer au
soleil, j’aperçus, au second de la maison occupée par la mercière, une

jeune fille, ou plutôt une jeune femme, car j’ignorais alors si elle était
mariée ou non, et de ma place je jugeais seulement qu’elle avait une jolie
expression de tête. Je vis des cheveux bruns, un œil très-doux, un visage

pâle et un peu allongé, un ensemble mélancolique. Elle me parut assez
grande et bien faite. Elle regardait à droite et à gauche, et semblait se
reposer des fatigues de la semaine.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *